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Alain Badiou à l'US Mag :"Il faut commencer l'enseignement de la philosophie dès la seconde"

  • Apr 29, 2008
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Alain Badiou. Political Perversion and Democracy. 2004 5/12

"Il s'agit que les enfants ne goûtent jamais à la pensée desintéressée ou critique et soient tous dans le servage de l'organisation capitaliste du travail".

Pour lire l'entretien complet

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CAPES 2008, les sujets

  • Mar 12, 2008
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Le sujet de la dissertation de philosophie était : "La morale est-elle utile à la vie sociale".
Le texte à commenter est un extrait des "Remarques sur la partie générale des Principes de Descartes" (sur la première partie, articles 31-35, traduction P. Schrecker modifiée). Dans ce texte, Leibniz prétend identifier et expliquer "l'origine de toutes les erreurs", connaître et proposer "le remède à nos erreurs", à savoir une série de principes qui imitent les règles cartésiennes en insistant de manière originale sur "la vérification".

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Renouveau Philosophie - pourquoi ?

  • Mar 9, 2008
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Vous trouvez sur ce blog, ci-dessous, et ci-après, dans les prochains jours et prochaines semaines, des notes dans lesquelles vous pouvez lire des extraits d'un Manifeste pour le Renouveau de la Philosophie. Celui-ci est en cours d'écriture. Si vous êtes un, une professeur(e) de philosophie, si vous êtes, une étudiant(e) en philosophie, ou si vous êtes un amateur éclairé (il faut toujours donner des preuves !), si vous êtes un ou une professeur(e) d'une autre discipline actuellement enseignée dans l'Education Nationale et si le projet que nous soumettons ici au fur et à mesure concernant une véritable réforme de l'Education Nationale vous intéresse, vous pouvez participer à l'écriture de ce Manifeste - en deux temps :  en faisant des propositions, de textes, d'idées, qui seront ici librement publiées, puis en faisant des propositions de textes, d'idées, qui pourront être intégrées à notre projet, après validation (dialogues publics, dialogues internes au groupe qui est en train de se former).

Vous trouvez également des documents, comme ce premier tract, que nous vous invitons à télécharger (format Word),
via le lien suivant :

http://www.megaupload.com/fr/?d=R6WYJEVD

à lire, à imprimer et à photocopier pour faire partager, connaître, à vos amis, amies, aux personnes de votre choix que vous jugerez à priori intéressées par ce projet de réforme, ce Manifeste; mais aussi, si vous êtes membre d'une association, d'un mouvement, dont vous pensez qu'il est et doit être concerné par cette démarche, si vous possédez un site Internet, nous vous remercions.de nous écrire via l'offre message de cette plateforme blog ou par email à renouveauphilosophie (arobase) yahoo.fr.


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Renouveau Philosophie, le Manifeste, Partie 2, "La Philosophie"

  • Mar 9, 2008
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Il y a 25 siècles, les fondateurs grecs de «la philosophie», Platon, Aristote, ont ouvert et défini un espace d'intelligibilité, nouveau et large, adapté à la richesse des formes de l'Univers : les nombres, certes, mais aussi les constitutions politiques, les formes de vie, les comportements humains, les procédures artistiques, et la liste n'est pas close. 25 siècles plus tard, «la philosophie», dans l'école et l'Université françaises, a été réduite à une «Histoire de la philosophie» dans laquelle les autres disciplines du savoir global, les connaissances fondatrices et récentes de ces disciplines, sont totalement absentes. Partie du schéma éducatif français qui est, comme nous avons tenté de le démontrer, absolument incohérent, étonnamment irrationnel, «la philosophie» est devenu un espace de sens fermé qui, comme l'Orobouros, se mord la queue et paraît jouir de sa stérilité comme de sa pérennité. Mais sous la pression de prétendus utilitaristes dont on attend toujours en vain les démonstrations probantes, la dite philosophie est tout simplement menacée d'une disparition, en partie sensée et justifiée, puisqu'il y a eu et il y a un abandon des principes fondateurs, de l'ouverture, mais sur le fond, absolument injustifiée, en raison de sa participation historique à l'Histoire occidentale (création des premières écoles, organisation des savoirs, participation à la définition des principes des conditions de la connaissance, investissements de sens dans l'anthropologie vivante et politique, espace de sécurisation anthropologique contre les agressions technico-politiques), de ce qu'elle tient en réserve pour notre avenir humain, planétaire, collectif. Mais si nous nous contentons de faire appel à cette manne dans la solennité, si précisément dénoncée par Peter Sloterdijk (Ecumes, III), au respect «sacré» à l'égard d'un sacré trans-religieux dans lequel la dite philosophie aurait ses racines et qu'elle aurait génialement su faire connaître, il va de soi que la mécanique qualifiée de «politique» à l'oeuvre dans nos pays occidentaux finira par avoir sa peau. A chacun selon ses besoins, il appartient à chacun et chacune d'entre nous qui prétendons avoir «souci de la philosophie» de prendre acte et de choisir de répondre, ou non, à la maltraitance généralisée à l'égard de la sensibilité et de la vie concrète, par la mécanique des pouvoirs, contre une discipline ainsi réduite, mais aussi contre les étrangers, les travailleurs, les salaires, les droits civiques, etc. Confronté à une telle «raison cynique», l'injonction élémentaire quant aux moyens est condamné d'avance : déterminé à ne pas entendre et comprendre, les sourds qui ne sont donc pas des partenaires de dialogue ne peuvent entendre et comprendre – mais il faut éviter d'être atteint par leur syndrome ! C'est donc dans les espaces sociaux et civiques qui dépendent de nous qu'il nous faut agir – c'est-à-dire penser, créer et faire tout à la fois. Les «philosophes de tour d'ivoire » nous paraissent être de dangereux solitaires qui construisent souvent des cités idéales que personne n'habite jamais, et celles et ceux qui prétendent changer le monde en oubliant de continuer à penser, peuvent aussi devenir de dangereux acteurs d'une Histoire humaine qui a déjà été suffisamment dramatique. Au lieu d'imaginer et de préférer une exclusivité (la pensée sans l'action, et inversement), nous pensons que notre génération et les nouvelles générations doivent tout autant se soucier de la profondeur et de la rigueur de leurs pensées, de leurs consciences, que de ce qui se passe dans l'espace commun qui nous sépare et nous relie, «le monde». Dans ces dernières décennies, des initiatives diverses ont témoigné de la continuité d'un dynamisme individuel et spécifique à la pensée philosophique : les cafés-philo, quoiqu'il en soit de leur réalité individuelle, souvent propre à décevoir, entendaient favoriser un lien civique essentiel, entre cette vie citoyenne et «le monde des idées», entendaient incarner une opposition concrète à la volonté politique de scission entre l'existence populaire et le champ des pouvoirs élitistes, fondés sur de prétendus savoirs. Des magazines s'en sont fait écho. Des entreprises de presse et des maisons d'édition ont su faire de «la philosophie» une référence permanente et une valeur commerciale. Au-delà de l'espace civique qui fait référence à la philosophie, l'ensemble des organisations, associations, de résistances au rouleau compresseur des pouvoirs planétaires intéressent et doivent intéresser une conscience philosophique parce que ces mouvements s'intéressent à la vie concrète, parce qu'ils s'opposent avec des arguments et des arguments sensés, parce qu'ils forment, même dans l'atomisation, une immense fédération civique mondiale qui prépare lentement mais sûrement sa prise de contrôle des pouvoirs technico-politiques. Dans l'espace public, dans ces espaces civiques ouverts, dans cet espace humain immense, il s'agit donc d'ores et déjà de mettre en mouvement une réflexion collective quant à la référence et aux connaissances de «la philosophie», ainsi que des innovations qui, dans 5, 10, 15, ou même 30, seront «reconnus» par les autorités élues. Et, à notre sens, la première action-décision absolument nécessaire à cette dynamique et à cet objectif de créations, consiste en une contestation de la pertinence d'une identification de «la philosophie» avec «l'histoire de la philosophie», de l'enfermement sémantique et symbolique dans la cité réductrice des «philosophes», de Platon à Sartre. Mais s'il y a une valeur universelle et apodictique de la démarche philosophique, celle-ci consiste bien à requérir, pour toute décision de sens et notamment pour tout jugement de visée générale, une justification, au moins, si ce n'est plusieurs, puisqu'il ne s'agit pas ici de prétendre penser et agir sur une «révélation» de principe. C'est que, dans ce qui s'est appelé «philosophie», originairement, et dans ce que, individuellement, nous y avons trouvé et choisi d'aimer, il y a cette ouverture aux formes de notre incarnation, de notre être-au-monde, de notre représentation, et du monde lui-même et que la dite «tradition philosophique», de Platon à Sartre, n'épuise pas la perception, l'examen, la découverte et les connaissances de et sur ce monde des Formes. Il y a eu une civilisation humaine avant les évolutions et les créations grecques du 5ème et 4ème siècle avant Jesus Christ, une civilisation humaine avant Socrate et Platon, et ce monde mérite d'être étudié et à sa manière intégré dans le champ de la pensée philosophique, au-delà du critère socratique et de ce que l'école appelle les Présocratiques. Postérieurement à ce que constitue cette fondation platonicienne et aristotélicienne, la «tradition philosophique» enferme la pensée dans une sphère occidentale, logo et ethnocentrique, pourtant depuis longtemps relativisée et dépassée par les études et les sciences de l'anthropos universel. Au fur et à mesure des siècles, des hommes et des femmes ont fait un effort d'étude, d'analyse et d'explication envers cet anthropos universel. Ils peuvent aussi légitimement faire partie d'une histoire de «la» philosophie, comme avec les scientifiques, physiciens, biologistes, cosmologistes, ainsi que certains auteurs de la littérature dont des textes peuvent nourrir une réflexion philosophique pertinente.


Le programme du cours de Philosophie doit intégrer l'expression des représentations, des idées, des analyses et des connaissances universelles et sur l'Universel.



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Renouveau Philosophie, le Manifeste, partie 1

  • Mar 5, 2008
  • Post a comment

 

Depuis de nombreuses années, «l'école», «l'Education Nationale», sont des sujets de débats publics, politiques ou non, et dont les attendus conduisent parfois à des décisions prises au Ministère de l'Education Nationale. C'est que l'école laïque, gratuite et obligatoire, étant le réel fondement de la République révolutionnaire de 1789, puis communarde, puisqu'elle accueille et forme les futurs citoyens, cultivés et travailleurs, elle intéresse tout le monde, les enfants-élèves et leurs parents, tous les citoyens. Mais ce que font les professeurs dans leur métier est si spécial et si complexe qu'il est légitime de se demander si, au sujet de l'école, «le bon sens est la chose du monde la mieux partagée», ou, si, fidèle à l'ironie cartésienne, il faut penser et oser dire que, malheureusement, l'avis de tout un chacun sur l'école est peu de choses en regard de ses complexités. Or, pour les professeurs de philosophie, comme pour celles et ceux qui aspirent à devenir de tels professeurs, le «bon sens» constitue sans doute le pire ennemi, instrumentalisé qu'il est par les dirigeants de l'Education Nationale pour imposer des modifications (faut-il accepter de parler de «réforme» à leur sujet ?) qui, systématiquement ces dernières années, vont dans le même sens : suppression massive de postes (100.000 en six ans), peu (euphémisme !) de postes au concours, suppression de crédits malgré les promesses électorales (pour les heures de soutien, par exemple), etc. Dans ce cadre général, qui va du morose jusqu'au sombre, l'enseignement de la philosophie est mal en point. Au lycée, notre discipline est réservée aux terminales. Les élèves des lycées professionnels n'y ont pas droit, comme les secondes et les premières. La terminale L est de plus en plus désertée, au profit de la terminale S. C'est que, dans notre monde économique et politique, «la technique», en fait, les sciences et techniques se développent toujours plus, et paraissent assurer aux parents, soucieux de voir et de savoir leurs enfants se diriger vers une filière économique requérant des travailleurs pour de nombreuses offres d'emploi, un «avenir». Or, cette «vision» est réductrice. Le monde économique dans lequel nous vivons ne se réduit pas aux mathématiciens, ingénieurs et autres chercheurs en sciences exactes ! La palette des métiers est beaucoup plus large que cela, est toujours plus diversifiée. Mais là encore, à l'enfermement sur la classe de terminale, l'enseignement de la philosophie dans les Universités est orienté sur sa seule reproduction, puisque les étudiants et les étudiantes en philosophie ne parviennent pas, ou difficilement, à intégrer des filières économiques dans lesquelles, pourtant, ils ont des atouts (par exemple la presse, l'édition, etc). Comment comprendre une telle situation ? Serait-ce que la pensée philosophique serait, finalement, accessoire ? Une discipline de second ordre, ou pire et plus encore ? ! Et finalement, pourrait-on même la faire disparaître et vivre très bien ainsi ? Un cours de philosophie, en terminale, n'est-ce pas un luxe dont les lycéens français pourraient se passer ? Contribuer à développer un esprit critique, est-ce si utile ? Cet été, la Ministre de l'Economie et des Finances, Mme Lagarde, a exprimé cette «considération» selon laquelle les Français seraient des hommes et des femmes qui penseraient trop, et, bien évidemment, mal, et ne travailleraient pas assez. On peut comprendre que des leaders politiques de ce genre regrettent de ne pas avoir des citoyens-robots qui font ce qui leur est ordonné, ne discutent jamais les ordres, travaillent, sans s'arrêter, sans jamais interroger les finalités. Et puis il y a celles et ceux qui ne peuvent se résoudre à accepter que notre humanité passe par pertes et profits. Or, même si le nazisme allemand a été écrasé il y a soixante ans, les menaces contre les libertés civiles et au-delà contre l'existence humaine et vitale, sont réelles, dans un monde qui est toujours plus divers et complexe. A notre époque, de nombreux citoyens se sentent perdus, sans repères, il est donc légitime de se demander si ce phénomène ne va prendre de l'ampleur, en contribuant ainsi dramatiquement à nourrir des peurs et des réactions individuelles et collectives qui seront dangereuses, et ce alors que l'une des missions de l'Education, et particulièrement de l'enseignement de la philosophie aura été et sera d'aider ces citoyens à comprendre les situations vécues et possibles. Valoriser l'enseignement de la philosophie, c'est, aujourd'hui, être confronté à une difficulté majeure : celles et ceux qui dirigent la République, le Ministère de l'Education Nationale ont d'autres critères, à savoir une prétendue recherche d'une bonne gestion du Trésor Public par une diminution permanente des moyens (mais pendant ce temps-là, mystère, la dette publique augmente...), le dressage de citoyens conformes et conformistes. L'Education Nationale est pour eux un problème : budgétaire, social, politique, puisqu'elle forme des citoyens cultivés qui ne sont pas des béni-oui-oui. L'enseignement de la philosophie est pour eux le problème des problèmes puisque c'est cette discipline qui forme à «l'esprit critique». Autant dire que, tant qu'un Xavier Darcos, ou son prochain successeur, les principaux inspecteurs d'académie, les hauts fonctionnaires des rectorats seront en poste, il n'y a rien à attendre de bon pour l'Education Nationale et pour l'enseignement de la philosophie, car il n'y a pas de dialogue possible avec eux, puisqu'il n'y a pas de dialogue honnête avec eux, il suffit pour cela de les écouter et de consulter l'expérience de celles et ceux qui les ont rencontré, les rencontre. Mais fort heureusement. M. Darcos et tous ceux cités ne vont pas être à la tête de la République et de l'Education Nationale ad vitam aeternam ! Les méditants que nous sommes savent que le temps humain est long, et que, bien souvent, ceux qui oeuvrent ne voient pas les fruits de leurs travaux. Les professeurs n'assistent pas aux développements de l'intelligence de ceux et celles qui auront été un temps leurs élèves et qui, devenant des citoyens, agissent, créent, à partir des fondements et des connaissances que leurs professeurs les ont aidé à acquérir. Ce manifeste a pour objet d'exprimer une analyse critique de la situation française, et plus particulièrement concernant l'enseignement de la philosophie, mais aussi d'engager un travail à long terme afin de préparer les conditions et les moyens d'un renouveau de la philosophie dans l'Education Nationale, lycées et Universités, et peut-être au sein des collèges. Il est possible et probable que la première mise en oeuvre de l'une de nos propositions n'intervienne que dans 5 ou dix ans, et peut-être même plus tard, mais il importe de ne pas laisser filer le temps, selon une certitude de «fatalité» pessimiste qui semble assez contraire à la tradition volontariste d'une majorité de philosophes. C'est que nous nous trouvons au bout d'une étonnant histoire : du lieu scolaire, de l'espace et du temps pris pour étudier, la philosophie fut fondatrice, avec Platon et son Académie, Aristote et le Lycée. Avant eux, l'école n'existe pas, et après, pendant des siècles, elle n'existera pas non plus, de manière significative. Ecole «philosophique», le programme scolaire platonicien ou aristotélicien ne proposait, bien sur, aucune Histoire de la Philosophie, et pour cause, mais ce n'était pas seulement par «accident», mais bien parce que, pour eux, la pensée philosophique pouvait prendre corps dans la découverte et dans la construction des connaissances des phénomènes. 25 siècles plus tard, l'enseignement de la philosophie se joue dans le cadre étroit de son «Histoire», réduite à l'existence et à l'expression des auteurs considérés comme philosophes. Ce qui fut à l'origine une ouverture s'est transformée, 25 siècles après, en chapelle, en un espace fermé, qui récuse l'intélligibilité totale, le partage du sens avec les autres sciences. Comment en est-on arrivé là ? Comment «l'espace de la pensée» a t-il pu se subjectiviser au point que «les mathématiques» paraissent être, aux yeux de tous, être le lieu même d'une pensée objective et le cours de philosophie être le lieu de simples débats, au pire, de simples opinions, au mieux, de simples argumentations rhétoriques ? Selon les élèves et beaucoup de parents, on pourrait se passer d'une conscience philosophique, mais pas d'une instruction mathématique ! La valorisation démocratique de cette discipline autoritaire et si réputée pour sa nature abstraite ne laisse pas d'être étrange. Faudrait-il l'interpréter comme le signe d'une préférence collective pour une pensée indiscutable, à tous les sens du terme ? Est-ce que les professionnels de la philosophie doivent constater et se taire ? Il appartient à chacun de faire, en tout point et à tout sujet, ses choix. L'un des nôtres réside dans une série de constats, de critiques et de propositions. Et l'un de ces constats et l'une de ces critiques est que la «religion» des mathématiques, omniprésente dans le cheminement scolaire, peut confiner à un terrorisme intellectuel, d'autant plus injuste qu'il est, sur le plan du sens, vide ! Si, pour l'Etat intéressé, c'est-à-dire orienté vers les profits, les mathématiques assurent la continuité de l'innovation et du développement de la puissance technique, il n'en reste pas moins que pour les humains dont l'existence paraît fondée universellement dans un Logos, cette toute-puissance des nombres et de leur relation dans cette Combinatoire n'instruit sur rien, fait souffrir. Dans le cadre d'une rénovation pédagogique complète, des enseignements, de leurs intitulés, des heures effectuées, des programmes, il va de soi qu'il ne s'agit pas de passer d'un extrême à l'autre, et de faire disparaître les mathématiques, mais d'interroger la juste place que cette matière doit prendre dans la formation scolaire, de la maternelle à l'université, et selon les filières. C'est que, s'il nous semble exister d'excellentes raisons de rénover l'enseignement de la philosophie, en classe de terminale, mais aussi à l'attention des autres élèves, lycéens, collégiens, il y a des raisons objectives de reprendre de fond en comble l'organisation des matières, l'éventuelle hiérarchie de ces matières – et c'est ce qui méritera d'être appelée une «réforme», et non pas ces évolutions, gadgets, ou ces régressions, uniquement motivées par un calcul comptable. Pour envisager et élaborer une telle réforme, une question nécessaire se pose : quelle méthode utiliser ? Est-ce que les matières enseignées restent les mêmes : mêmes dénominations, mêmes contenus, mêmes horaires ? Ou bien s'agit-il seulement d'imaginer des changements, pour le plaisir d'en faire ? Pour définir une méthode, il semble nécessaire d'avoir un minimum d'intelligibilité, c'est-à-dire dans tous sens, de compréhension, de connaissances et d'empathie, pour cette jeunesse qu'il s'agit de former. Que et qui sont-ils ? Il semble nécessaire de le rappeler : ce sont des êtres ... vivants, c'est-à-dire des êtres dont la condition générale est la fragilité, la précarité, d'une durée limitée; des êtres qui sont extrêmement liés à leur environnement, dont ils sont très dépendants, involontairement ou non; des êtres capables de comprendre et de connaître, mais qui peuvent aussi durablement ne pas comprendre; enfin, des êtres qui parlent une langue vivante qui, n'étant pas la langue internationale du sens, ne peut être la fin en soi de leur formation. Pour ces êtres vivants, il semble donc que la ou les matières-de-la-vie soient les plus importantes : la biologie au premier chef, et puis après une matière dans laquelle il s'agit de découvrir et de connaître les phénomènes et les lois des corps vivants, la philosophie devrait être son complément, puisqu'il est aussi question dans notre discipline de la conscience et de la pensée, à savoir ce qui constitue, dans notre réalité biologique, le complément et la part déterminante de l'animation. Cernés par un environnement dont ils dépendent et sur lequel ils interagissent, le cours de «sciences de la vie» ne paraît pas assez global pour être absolument identifié à ce que pourrait être le cours ou les cours qu'il s'agirait de mettre en oeuvre. Car une part essentielle de cet environnement est composée des autres hommes, vivants, et comme l'Histoire est fondamentalement orientée vers le passé, il faudrait inventer une nouvelle matière qui rassemblerait diverses disciplines : l'anthropologie, l'ethnologie, la sociologie, la politique, ainsi que l'éclairage de l'actualité.

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Une réforme – un élargissement de l'enseignement de la philosophie – des créations de postes

  • Mar 5, 2008
  • 2 comments

 Depuis 2002, la majorité élue porte des coups réguliers et permanents contre l'Education Nationale. Les motivations et raisons de ces coups sont idéologiques et prétendûment comptables. Nous pouvons laisser faire et accepter – c'est le choix de, selon nous, beaucoup trop de professeurs et d'étudiants qui se résignent à une étrange fatalité. Nous pouvons aussi préparer l'après. Car cette majorité politique qui est au pouvoir depuis 2002 ne va pas diriger la France décennie après décennie – enfin, si les citoyens ne veulent pas vivre en permanence dans une longue descente dans la dépression et dans la paupérisation...


Par un paradoxe étrange, la pensée philosophique, fondatrice du projet et de l'investissement scolaires (L'Académie, avec Platon, le Lycée, avec Aristote), s'est faite enfermer dans l'espace réduit d'une intélligibilité elle-même réduite : les philosophes de la «tradition», et sur la seule classe de terminale. Cette année, les candidats du CAPES externe sont placés dans une compétition nationale pour 26 postes. Le Ministère a même trouvé plus simple de ne proposer aucun poste au concours interne ! La situation de l'enseignement de la philosophie est d'ores et déjà mauvaise, pour des raisons internes comme externes, mais avec cette majorité, le pire est toujours certain. Attendre quoique ce soit de M. Darcos et de ses lieutenants est insensé. Il faut donc préparer l'après, avec sérieux et ... joie !


C'est pourquoi nous proposons aux professeurs de philosophie, et notamment aux jeunes professeurs qui ont encore du dynamisme, et aux étudiants en philosophie, de travailler ensemble, région par région, et nationalement, à un projet complet de réforme, qui méritera véritablement d'être ainsi qualifié, alors que ce terme est instrumentalisé pour faire passer et accepter des évolutions mineures ou des régressions. Pour que l'enseignement de la philosophie trouve (et non retrouve, puisqu'elle ne l'a jamais eu) une place remarquable et justifié dans l'Education Nationale, il nous semble que nous ne pouvons faire l'économie d'un projet global pour l'Education Nationale :

redéfinition de l'architecture des disciplines, de leur intitulé, élaboration de véritables nouveaux programmes, rendus possibles par de nouveaux principes, redéfinition du programme du cours de philosophie dont le développement doit être pensé sur plusieurs années, par intégration de problématiques nouvelles, de références, textes provenant de disciplines extérieures à «la philosophie» mais ayant un rapport intrinsèque avec les idées, les analyses et les soucis philosophiques.


Nos écoles, collèges, lycées, Universités, doivent être des espaces dans lesquels il fait bon respirer et vivre, parce que les élèves, les jeunes, ne s'y ennuient pas, acquièrent des connaissances qui les intéressent et sont, seront utiles à leur développement et à leur vie relationnelle.


Nos objectifs concernent donc aussi les moyens : les classes ne doivent pas être surchargées, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui. Les 100.000 postes supprimés doivent être recrées (dans toutes les disciplines qui en ont besoin). Le métier d'enseignant doit être revalorisé, par les innovations pédagogiques comme par le salaire. Pour financer ces objectifs, nous proposons que des réductions drastiques sur le train de vie de l'Etat soit réalisées : diminution du budget de l'Elysée, suppression de nombreux avantages des hauts fontionnaires, des sénateurs, des expatriés, ... Une autre politique, une autre politique budgétaire est possible, souhaitable, nécessaire.

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