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Une réforme – un élargissement de l'enseignement de la philosophie – des créations de postes
Depuis 2002, la majorité élue porte des coups réguliers et permanents contre l'Education Nationale. Les motivations et raisons de ces coups sont idéologiques et prétendûment comptables. Nous pouvons laisser faire et accepter – c'est le choix de, selon nous, beaucoup trop de professeurs et d'étudiants qui se résignent à une étrange fatalité. Nous pouvons aussi préparer l'après. Car cette majorité politique qui est au pouvoir depuis 2002 ne va pas diriger la France décennie après décennie – enfin, si les citoyens ne veulent pas vivre en permanence dans une longue descente dans la dépression et dans la paupérisation...
Par un paradoxe étrange, la pensée philosophique, fondatrice du projet et de l'investissement scolaires (L'Académie, avec Platon, le Lycée, avec Aristote), s'est faite enfermer dans l'espace réduit d'une intélligibilité elle-même réduite : les philosophes de la «tradition», et sur la seule classe de terminale. Cette année, les candidats du CAPES externe sont placés dans une compétition nationale pour 26 postes. Le Ministère a même trouvé plus simple de ne proposer aucun poste au concours interne ! La situation de l'enseignement de la philosophie est d'ores et déjà mauvaise, pour des raisons internes comme externes, mais avec cette majorité, le pire est toujours certain. Attendre quoique ce soit de M. Darcos et de ses lieutenants est insensé. Il faut donc préparer l'après, avec sérieux et ... joie !
C'est pourquoi nous proposons aux professeurs de philosophie, et notamment aux jeunes professeurs qui ont encore du dynamisme, et aux étudiants en philosophie, de travailler ensemble, région par région, et nationalement, à un projet complet de réforme, qui méritera véritablement d'être ainsi qualifié, alors que ce terme est instrumentalisé pour faire passer et accepter des évolutions mineures ou des régressions. Pour que l'enseignement de la philosophie trouve (et non retrouve, puisqu'elle ne l'a jamais eu) une place remarquable et justifié dans l'Education Nationale, il nous semble que nous ne pouvons faire l'économie d'un projet global pour l'Education Nationale :
redéfinition de l'architecture des disciplines, de leur intitulé, élaboration de véritables nouveaux programmes, rendus possibles par de nouveaux principes, redéfinition du programme du cours de philosophie dont le développement doit être pensé sur plusieurs années, par intégration de problématiques nouvelles, de références, textes provenant de disciplines extérieures à «la philosophie» mais ayant un rapport intrinsèque avec les idées, les analyses et les soucis philosophiques.
Nos écoles, collèges, lycées, Universités, doivent être des espaces dans lesquels il fait bon respirer et vivre, parce que les élèves, les jeunes, ne s'y ennuient pas, acquièrent des connaissances qui les intéressent et sont, seront utiles à leur développement et à leur vie relationnelle.
Nos objectifs concernent donc aussi les moyens : les classes ne doivent pas être surchargées, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui. Les 100.000 postes supprimés doivent être recrées (dans toutes les disciplines qui en ont besoin). Le métier d'enseignant doit être revalorisé, par les innovations pédagogiques comme par le salaire. Pour financer ces objectifs, nous proposons que des réductions drastiques sur le train de vie de l'Etat soit réalisées : diminution du budget de l'Elysée, suppression de nombreux avantages des hauts fontionnaires, des sénateurs, des expatriés, ... Une autre politique, une autre politique budgétaire est possible, souhaitable, nécessaire.
Comments
Je souhaite laisser un commentaire, car je suis surprise qu'il n'y ait pas de réactions à cette démarche si légitime. L'enseignement pose problème et j'ai souhaité faire appel aux expériences de ceux qui ont étudié la philosophie dans différentes villes et pays d'Europe, afin de pouvoir comparer les acquis et mieux ressaisir les limites de la place de la philosophie dans l'éducation. J'ai remarqué le manque d'implication des intéressés pour mettre en place ne serait-ce que des outils de réflexions afin de comprendre comment on en arrive à une situation où l'enseignement de la philosophie n'ait plus sa légitimité et soit lourdement sanctionné. Mes quelques travaux dans cet esprit sont sur le site Didaphilo : http://www.didaphilos.info/index.html
Nous vivons une époque étonnante. S'il y a, pour l'heure, peu de réactions, c'est que le blog est en phase de création, que beaucoup de celles et ceux qui sont intéressés par la philosophie ne le connaissent pas, mais aussi que trop ont peu ou rien à dire, il faut avoir l'honnêteté de le reconnaître ! Ce qui, "en philosophie", est très embêtant, effectivement ! En effet, la discipline est vraiment menacée et pour l'heure, l'individualisme et le "familialisme" (rien n'est plus important que la famille) sévissent, et donc il en est tant qui n'ont pas le temps.
Passons : disons et faisons.